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LICENCIEMENTS ECONOMIQUES
Et la ville se tait peu à peu Les usines éteignent leurs feux Les enfants n'inventent plus de jeux Les femmes ont dans leur ventre comme un creux Les hommes sont assis, anxieux
C'est un matin de fin d'été Chacun fait comme chaque jour Dans l'atelier plein de fraiseuses et de tours Les copeaux bleus racontent l'acier mâté
Le téléphone sonne une première fois Comme une sirène de fin de journée Une femme appelle son homme pour lui parler Il revient à sa machine sans joie
Et la ville se tait peu à peu Les usines éteignent leurs feux Les enfants n'inventent plus de jeux Les femmes ont dans leur ventre comme un creux Les hommes sont assis, anxieux
Deux fois, trois fois, trente fois Retentit la sirène de fin de journée L'atelier s'arrête de tourner Les machines n'ont plus de voix
Chaque coup de sirène Annonce une lettre de licenciement Lues par les femmes gravement Et s'étend la peine …
Et la ville se tait peu à peu Les usines éteignent leurs feux Les enfants n'inventent plus de jeux Les femmes ont dans leur ventre comme un creux Les hommes sont assis, anxieux
Les hommes tremblent au bruit du téléphone Ils se regardent : «Est-ce toi ou moi ?« Et le contremaître vient : « C'est pour toi » L'autre respire et attend que ça sonne
(Ceux qui restèrent partirent d'eux-mêmes Écoeurés par l'usine à moitié vidée Et les heures supplémentaires chaque jour imposées : L'usine mourut par ce stratagème !)
Et la ville se tait peu à peu Les usines éteignent leurs feux Les enfants n'inventent plus de jeux Les femmes ont dans leur ventre comme un creux Les hommes sont assis, anxieux Airel
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