Vie ouvrière  Feuillet 4 - A -

- B -

LICENCIEMENTS ECONOMIQUES




Et la ville se tait peu à peu
Les usines éteignent leurs feux
Les enfants n'inventent plus de jeux
Les femmes ont dans leur ventre comme un creux
                            Les hommes sont assis, anxieux


C'est un matin de fin d'été
Chacun fait comme chaque jour
Dans l'atelier plein de fraiseuses et de tours
Les copeaux bleus racontent l'acier mâté

Le téléphone sonne une première fois
Comme une sirène de fin de journée
Une femme appelle son homme pour lui parler
Il revient à sa machine sans joie

Et la ville se tait peu à peu
Les usines éteignent leurs feux
Les enfants n'inventent plus de jeux
Les femmes ont dans leur ventre comme un creux
                            Les hommes sont assis, anxieux

Deux fois, trois fois, trente fois
Retentit la sirène de fin de journée
L'atelier s'arrête de tourner
Les machines n'ont plus de voix

Chaque coup de sirène
Annonce une lettre de licenciement
Lues par les femmes gravement
Et s'étend la peine …

Et la ville se tait peu à peu
Les usines éteignent leurs feux
Les enfants n'inventent plus de jeux
Les femmes ont dans leur ventre comme un creux
                            Les hommes sont assis, anxieux

Les hommes tremblent au bruit du téléphone
Ils se regardent : «Est-ce toi ou moi ?« 
Et le contremaître vient : « C'est pour toi »
L'autre respire et attend que ça sonne


(Ceux qui restèrent partirent d'eux-mêmes
Écoeurés par l'usine à moitié vidée
Et les heures supplémentaires chaque jour imposées :
L'usine mourut par ce stratagème !)


Et la ville se tait peu à peu
Les usines éteignent leurs feux
Les enfants n'inventent plus de jeux
Les femmes ont dans leur ventre comme un creux
Les hommes sont assis, anxieux
                                                                Airel

- C -
- D -
I N D E X
SOMMAIRE